PCF de Haute-Saône

Compte rendu du 36° Congrès National

 

Cher-es Camarades,

 

          Voici le compte rendu du 36° Congrès National qui s'est tenu les 7-8-9 et 10 février aux Docks d'Aubervilliers.

          776 délégué-es étaient présent-es au congrès. Du coté de la Haute-Saône, nous étions représentés par moi-même, Cyril MORLOT, 27 ans, nouveau secrétaire départemental fraîchement élu, Sabrina MOINE, 23 ans, Muguette PAQUIS, Georges DROUARD et Laurent MORLOT,24 ans, qui a remplacé Sébastien DESCHASEAUX, 36 ans. Patrice MUZARD n'a pu participer au congrès pour cause de maladie. Nous étions donc une délégation de 5 personnes. Soit une voiture complète. Le trajet fut sans encombre, nous avons évité la neige.

          Pour les trois plus jeunes dont moi-même, ce congrès fut notre premier. Beaucoup d’attentes et d’appréhensions :

Quelle va être la teneur des débats ? L’envie de voir et d’avoir des discussions avec un fond théorique. Où la direction du parti veut-elle nous mener ? La place du Front de Gauche dans notre congrès ?

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Après l'introduction de Pierre LAURENT, nous avons entendu de nombreuses interventions de membres de la direction. La teneur de ces dernières était orientée vers l’importance du Front de Gauche dans la bataille électorale qu’il faut mener. Le leitmotiv est lancé ! Le Front de Gauche fera partie intégrante des débats à en oublier presque le PCF lui-même.

Voila donc une première déception, La direction se succède pour faire la promotion de cette formation politique. Elle argumente sur le fait qu’elle est la seule à même d’unir toutes gauches contre la crise et le libéralisme. Puis  elle s'appuie sur l’idée qu’elle est la solution électorale. Le parti socialiste se doit d’être un allié possible pour les élections.

Seconde déception ! Les compromis électoraux ne sont pas bons pour les luttes de terrain…

Quand André GERIN, qui se déclare dissident de longue date ; fait d’un coté l’éloge de la direction et de l’autre critique en partie sa politique, on se demande sur quel pied il danse ! D’un coté, il incite le parti et la direction à se tourner davantage vers les ouvriers. Ne le faisons nous déjà pas ?! Mais de l’autre ; c’est là qu’apparaît le contenu de ce communisme de nouvelle génération ; Il faut maintenant se tourner vers les cadres, les ingénieurs et les patrons de PME. Ce sont eux les nouveaux exploités ?! Loin de moi l’idée de ne pas vouloir les défendre mais il y a quand même un grand écart de conditions de vie entre un ouvrier qui gagne juste le SMIC et un ingénieur à 3000€. Leurs problèmes ne sont pas les mêmes. A trop vouloir se tourner vers l’électorat du Parti Socialiste, on en oublie les (pauvres) prolétaires qui sont la base de notre parti. Cela n’augure rien de bon sur le contenu théorique du Parti.

Le texte de la base commune est discuté. Les amendements fusent mais très peu sont acceptés. La démocratie est particulière dans ce congrès. La tribune, composée de membres de la commission texte, représentée par Pierre DHARREVILLE, contrôle brillamment le faux débat. Sous couvert de ne pas dénaturer l’esprit du texte. Cet esprit poétique et narratif, impose à de nombreuses propositions d’être recalées parce qu’elles alourdiraient le texte. Souvent ce sont celles trop théoriques ou précises qui passent à la trappe. La poésie permet toutes les interprétations, c’est bien connu. Sauf que nous étions là pour formuler un texte structurant l’idéologie du parti. Certes nous sommes utopistes mais cela n’était pas le moment de nous faire rêver avec de belles phrases.

Quand un jeune camarade du Var demande : qu’à la place d’une démocratie sociale et citoyenne, on inscrive une démocratie socialiste. C’est l’agitation dans la salle ! L’ambiance devient bizarre entre ceux qui sont d’accord et qui ont compris l’importance de ce rajout. Et de l’autre, une majorité, selon mon impression, qui se demandait s’il faisait référence au parti socialiste !

Troisième déception quand deux interventions viennent décapiter la proposition. L’une fit preuve d’un manque de culture politique : « On ne veut pas de socialisme, après le capitalisme, on veut le communisme immédiatement ! » Et la seconde qui fit preuve d’un quasi anticommunisme en déclarant que l’idée de socialisme est un débat dépassé de 30 ans que seuls les réactionnaires du parti y croient encore. Si c’est cela le contenu de fond du communisme de nouvelle génération ? Je ne peux l’accepter.

Il y eu les mêmes réponses quand vient la question de la disparition du symbole du marteau et de la faucille sur les cartes d’adhérents. Symbole remplacé par l’étoile à moitié rouge du Parti de la Gauche Européenne. Suppression de la référence historique de l’alliance prolétarienne entre ouvriers et paysans contre les exploitants. Dit autrement, une adhésion quasi imposée à un parti européen non choisi démocratiquement par la base du PCF.

Les paragraphes du texte sont votés électroniquement, nous n’avons même pas le temps de recopier les résultats. A de nombreuses reprises, des erreurs électroniques nous obligent à recommencer tout en ignorant ce que va donner finalement le paragraphe après amendements. La seule chose connue est qu’il gardera sa teneur poétique. De plus, la tribune joue sur la taille des parties du texte à voter, lui permettant ainsi de noyer sous la longueur du passage à amender, les thèmes qu’elle veut voir passer.

Quand elle voyait que la discussion était tendue sur un point. Nous avions droit à une intervention de quinze minutes (contre trois pour les autres camarades) du secrétaire général, Pierre LAURENT. Discours qui ne fut pas apprécié par tous les délégués-es ; trop orchestré à leur goût.Photo 501

Les votes des amendements se présentèrent à chaque fois sur la base d’environ 500 votes pour le paragraphe, 45 contres et quelques abstentions. Soit une large majorité qui approuve le texte. Du moins, j’ai eu l’impression que les camarades délégué-es n’étaient pas forcément en accord complet avec le texte. Mais à défaut, ils faisaient confiance à la direction du parti.

Cela donne au final : 554 pour la base commune, 74 contres, 21 abstentions et 2 ne prennent pas part aux votes.

Les seuls temps forts qui ont animés le congrès, sont la montée à la tribune de délégations. Celle des délégations étrangères fut très applaudie. Paradoxalement les applaudissements envers les peuples favorables au socialisme tel que Cuba et le Venezuela furent les plus enthousiastes.

Pour la seule fois du congrès, l’Internationale fut entonnée en chœur par l’ensemble des congressistes.

La délégation des ouvriers en lutte de PSA Aulnay, Renault et Goodyear fut elle aussi très bien accueillie.

L’accueil des représentants des partis du Front de Gauche, avec Jean Luc MELENCHON et Clémentine AUTAIN, fut moins enthousiaste. Certains délégué-es restèrent assis, applaudissant quand même pour certains. Nous ressentions de nouveau l’inquiétude des camarades au sujet du Front de Gauche.

La délégation du MJCF fut très bien reçue. Voir ses jeunes motivé-es, comme moi, nous a fait plaisir. Le chant de La Jeune Garde fut entonné en chœur.

Nous sentions bien que les délégations invitées tenaient un peu le rôle de publicité, comme à la télévision. Cela permettait aux camarades de ne pas s’ennuyer, de leur offrir des intermèdes plus animés durant le congrès et de faire de belles photographies pour les médias tout en donnant une image rassembleuse et solidaire des communistes.

Chose étonnante, à aucun moment la tribune ne lança de débat sur les documents fournis dans chaque pochette aux délégations : Le texte de fonctionnement du Front de Gauche, son texte stratégique et son texte de campagne.    Même si quelques interventions, dont celle d’Emmanuel DANG TRAN, ont proposé de s’interroger sur leurs conséquences dans la politique du parti. La tribune évita soigneusement toute réponse.

Le vote des statuts se déroula de la même manière que celui de la base commune. Variation de la taille des passages à amender/voter. Et à chaque fois, nous devions voter sans connaître le remaniement final, un procédé un peu trop opaque selon moi. Les résultats se composaient d’environ 450 pour les passages amendés, 75 contre (soit plus que pour la base commune) et quelques abstentions. Beaucoup de prises de parole sur la place des cellules et des sections dans les décisions du parti.

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Un sentiment de malaise envahit notre délégation quand la tribune et surtout André CHASSAIGNE, stoppa l’intervention d’un camarade sur l’importance des cellules d’entreprise. Sous couvert que la tribune n’entendait pas son discours (nous oui), elle lui demanda de s’arrêter. Nous l’avons pris pour de l’irrespect flagrant envers un délégué qui certes n’avait pas la même facilité de parler en public que le président de tribune mais dont le contenu était très intéressant. Deux réactions chez les congressistes, critiques à voix basse à l’encontre de la tribune et de l’autre sourire et applaudissement complaisants envers la blague poétique, lancée par le camarade CHASSAIGNE. Deux mondes…

 

L’inquiétude qui émane de la base du parti est celle du changement des parts reversées. Le passage du quatre-quarts à celui du trois-tiers, qui réduit l’aide à la base du parti c'est à dire les cellules, au profit du national et fédéral. De nouveau un discours de Pierre Laurent pour calmer les plus ardents défenseurs des quatre-quarts et montrer que sans les trois-tiers, le PCF et le Front de Gauche, ne pourront pas être au même niveau que le Parti Socialiste lors des élections si la structure et le budget national ne suivent pas.

Le résultat final tombe : 445 pour les nouveaux statuts, 128 contre ceux-ci et 48 abstentions. Soit une réticence plus significative à les accepter.

Le dimanche arrive, dernière ligne gauche.

Place à la commission des candidatures et à l’élection du futur Conseil National. Les discussions portent sur quatre thèmes :

L’importance de la parité au sein du conseil. Le fait qu’il n’y ait qu’une liste. La présence de membres des textes alternatifs sur celle-ci, représentés par 8 personnes pour le texte 1 (Jean Jacques KARMAN) et 4 pour le texte 3 (Emmanuel DANG TRAN et notre Fédération), le texte 2 (La Riposte) n’a pas été représenté, ils ont retiré leurs candidats.

Quatrième thème posé, celui du rôle du conseil national et surtout des conseillers. Est-il un parlement ? Chaque membre du conseil se doit-il de représenter sa tendance ou sa région ? Ou au contraire, être un exécutif renforcé où chacun-e représente la direction du parti et se doit de défendre le texte commun et sa stratégie même si son opinion diverge avec celui-ci ? C’est la seconde position qui prédomine et qui est appuyée par l’intervention de Pierre LAURENT qui met fin à la question.

 

Une liste de 166 personnes à parité (inférieure à celle de 2008 qui était de 233)  a été  proposée  aux délégations. La volonté de la direction de  se  munir d’un exécutif restreint s’exprime dans cet unique choix.

La stratégie de n’avoir qu’une seule liste à proposer est un beau coup de communication de la par de la direction sortante. En témoigne les résultats divulgués à la presse : 100% pour la liste proposée !

Très communicatif, parfait pour montrer le rassemblement tant répété dans les médias, des communistes de nouvelle génération. Vu qu’il n’y avait pas de choix alternatifs. Seul le nul (le fait de raturer ou rayer des noms sur la liste) ou de ne pas mettre de bulletin dans l'urne, permettaient aux délégué-es de montrer leur désaccord. Soit un résultat sur 776 délégué-es, 716 votants (déjà 60 n’ont pas voté), 624 pour la liste et 92 blancs ou nuls. C’est 100% des suffrages exprimés, nuance.

Dernière déception, l’Internationale a été remplacée lors de la nomination de Pierre LAURENT comme nouveau secrétaire général, par une chanson moderne. Sacrée communisme de nouvelle génération, chaque symbole doit changer…

Un congrès en demi teinte, très centré sur la place du Front de Gauche dans l’échiquier politique, avec des inquiétudes sur le pouvoir du PCF à décider des orientations de cette formation. Et de l’autre, voir que le parti se rajeunit, que des camarades sont motivé-es pour faire changer les choses. Pas forcément sur la même ligne que la fédération, ou moi, mais qui veulent s’investir. Cela est quand même de bon augure.

Je vous invite à consulter le supplément de l’Humanité du 13 février pour avoir les retranscriptions de certaines interventions et les discours du secrétaire général.

 

Fraternellement.

Le secrétaire départemental.                               

Cyril MORLOT                                        

                                                                                                                        06.73.25.05.69

 

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